Les marchés corrigent, mais la conjoncture reste porteuse.

Les marchés mondiaux ont globalement fait du surplace en juin 2017, à l’exception des marchés européens qui ont baissé de plus de 3 %, ramenant la hausse annuelle à 4,6% pour l’Eursotoxx 50 et à 5,31% pour le CAC 40. A noter que si le Dow Jones et le S&P 500 sont à +8% en 2017, exprimée en Euro, la performance est ramenée à 0 du fait de la hausse de notre monnaie.

La zone Euro surperforme donc du fait de perspectives économiques plus solides et parce que les risques politiques sont jugés comme écartés.

La pérennité de la croissance passe toutefois par des actions concertées, comme le rappelle Mme Lagarde le 5 juillet 2017 dans un propos à destination du G20 réuni à Hambourg. Nous vous en proposons quelques extraits car on ne peut mieux dire :

« Les Etats-Unis connaissent leur neuvième année d’expansion, le chômage conjoncturel a quasiment disparu, mais un passage à vide au début de 2017 et l’incertitude liée à l’action des pouvoirs publics ont tempéré les perspectives du FMI.

La zone euro, tirée par les mesures de relance monétaire et la demande intérieure, a obtenu des résultats meilleurs que prévu et la situation des pays émergents a été favorisée par une croissance robuste en Chine et une stabilisation en Russie et au Brésil.

Toutefois, des risques, tant anciens que nouveaux, menacent l’objectif d’accélérer une croissance qui profite à tous.

Ces risques ne se limitent pas à une région ni à un type d’économie et, dans certains cas, sont les conséquences négatives des éléments moteurs de la reprise.

Les vulnérabilités financières sont préoccupantes dans l’immédiat. Après une longue période de conditions financières favorables, caractérisée notamment par de faibles taux d’intérêt et un accès plus aisé au crédit, l’endettement des entreprises est trop élevé dans de nombreux pays émergents.

En Europe, il faut encore assainir les bilans des banques après la crise.

En Chine, une expansion plus rapide que prévu, si elle continue d’être alimentée par un crédit rapide et une hausse des dépenses, risque de se traduire par une dette publique et privée insoutenable.

Si rien n’est fait, ces multiples sujets de préoccupation vont à coup sûr provoquer des difficultés financières soudaines alors que les pays du monde entier continuent d’être aux prises avec plusieurs problèmes de long terme.

Citons simplement des inégalités économiques trop profondes, une faible croissance de la productivité, un vieillissement de la population et une disparité entre les sexes.

Nos recherches montrent que ces difficultés limitent la croissance potentielle et freinent la hausse des revenus et des niveaux de vie.

Le mieux est de commencer par entretenir la dynamique économique actuelle. Des mesures monétaires et budgétaires peuvent soutenir la demande là où cela est nécessaire et possible…

Ces mesures ont cependant des limites. Les pays doivent chercher les moyens de se prémunir contre les risques, d’accélérer la croissance et de tirer profit de la coopération internationale. Aucun pays ne fonctionne en vase clos, et toute mesure prise par l’un d’eux peut avoir des répercussions plus fortes et durables si elle est prise en coordination avec les autres pays membres du G20. Nous devons en priorité :

  • Relancer la croissance de la productivité. (Education, formation, encouragement à la recherche, pour stimuler l’investissement et mobiliser l’énergie entrepreneuriale). Ils donneraient ainsi à leurs économies le coup d’accélérateur dont elles ont tant besoin pour parvenir à une croissance durable.
  • Protéger le secteur financier. La période de croissance que nous traversons peut être mise à profit pour lutter contre les vulnérabilités des entreprises et des banques en renforçant les fonds propres et les bilans. De plus, pour parvenir à une croissance durable, c’est le moment non pas de supprimer les dispositifs de contrôle et de réglementation mis en place au lendemain de la crise, mais de les améliorer.
  • Nous attaquer aux déséquilibres excessifs des transactions courantes. Les pays qui enregistrent un déficit courant, tout comme ceux en excédent, doivent s’attaquer à ce problème dès à présent pour éviter de prendre des mesures correctives de plus grande ampleur plus tard. Ce sommet est aussi l’occasion de renforcer le système commercial mondial et de réaffirmer notre engagement à bien appliquer des règles qui encouragent le jeu de la concurrence tout en créant des conditions équitables.

Surtout, nous devons nous attacher à bâtir des économies inclusives. Des réformes structurelles s’imposent afin d’augmenter les revenus et d’aider davantage les victimes de l’évolution de la technologie et de l’intégration de l’économie mondiale.

Par ailleurs, nous devons déployer de nouveaux efforts pour autonomiser les femmes et éliminer les disparités entre les sexes.

Dans les pays avancés membres du G20, la différence entre la main d’œuvre rémunérée masculine et féminine est de 15 points de pourcentage environ. L’écart est encore plus important dans les pays émergents membres du G20. Si les pays du G20 atteignent leur objectif d’accroître de 25 % le taux d’activité des femmes d’ici à 2025, ils pourront créer, selon les estimations, 100 millions d’emplois dans l’économie mondiale….

Je tiens également à insister sur la coordination nécessaire pour s’attaquer aux crises humanitaires mondiales, qu’il s’agisse d’épidémies, de catastrophes naturelles ou de famines. Le G20 a pris une mesure majeure en s’engageant à verser plus d’un milliard de dollars d’aide en faveur des millions de personnes confrontées à la famine en Somalie, au Soudan du Sud, au Yémen et au Nord-Est du Nigéria. Dans les mois qui viennent, nous devons agir davantage pour remédier aux causes profondes de ces événements aux conséquences effroyables.

L’ensemble de ces difficultés montre bien l’essentiel : la reprise mondiale est sur les rails mais des mesures concrètes et une coopération internationale plus étroite s’imposent pour poursuivre sur cette lancée et passer à la vitesse supérieure…. »

 

A ce stade, les perspectives économiques annoncées sont dans les cours. Il faudra donc de nouveaux éléments pour permettre aux marchés de repartir de l’avant. A contrario, des déceptions ponctuelles pèseraient sur les marchés permettant ainsi des points d’entrée plus attractifs

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