Les marchés ont souffert en Mai car ils commencent à prendre au sérieux les tensions croissantes entre les Etats-Unis et la Chine. Plus largement, Donald Trump déstabilise de plus en plus les marchés par ses remises en cause permanentes des structures de régulations internationales et des accords signés il y a peu. Derniers fronts ouverts :

  • Le Mexique malgré l’accord signé avec le Canada et le Mexique, il y a 6 mois, pour remplacer l’Aléna.
  • L’Inde qui ne pourra plus bénéficier d’un régime de faveur sur plusieurs milliards de dollars d’exportations de produits tous les ans aux Etats-Unis.

Cela risque d’avoir un impact sur la croissance américaine, ce que les marchés anticipent, et cela contraint la FED à assouplir son discours en faisant miroiter un assouplissement de sa politique monétaire. Cela  soutient les marchés, confortant ainsi Donald Trump… Un jeu pas très sain.

De son côté, la Chine ne se laissera pas faire et commence à hausser le ton.

Dans ce contexte, la croissance mondiale reste positive mais est révisée à la baisse et la confiance s’érode, ce qui pèse sur les cours du pétrole.

En Europe, les élections européennes n’ont pas donné lieu à une déferlante populiste, mais les partis nationalistes ont tout de même gagné du terrain puisqu’ils ont remporté le scrutin dans plusieurs pays, notamment en France, en Italie et au R-U.

Au R-U, le Parti du Brexit de Nigel Farage a écrasé la concurrence. Avant l’élection, Theresa May avait déjà jeté l’éponge, en promettant de démissionner à compter du 7 juin. Le parti conservateur va se chercher un nouveau chef, qui deviendra automatiquement Premier Ministre. Boris Johnson fait figure de favori, ce qui renforce la perspective d’un « no-deal » à fin octobre.

En Allemagne et en France, les responsables du SPD et des Républicains ont démissionné suite aux mauvais résultats des européennes. Si Emmanuel Macron sort légèrement renforcé des élections malgré la 2e place de LREM, par contre en Allemagne la coalition au pouvoir est affaiblie.

En Italie, Matteo Salvini est de plus en plus tenté de se passer des services du M5S, qui a réalisé un mauvais score. La confrontation entre Rome et Bruxelles, maintenant que le scrutin est passé, reprend en outre de plus belle.

Les marchés souffrent donc d’une visibilité toujours très réduite et risquent de rester agités dans les mois à venir.

 

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