Un été finalement calme

Les marchés étant globalement considérés comme bien valorisés, on pouvait craindre quelques soubresauts cet été. En fait, il ne s’est quasiment rien passé malgré des publications de statistiques en demi-teinte :

  • Le mois d’août marque un point d’inflexion dans la série des statistiques positives qui ont accompagné la réouverture de l’économie mondiale. En effet, la grande majorité des publications macroéconomiques ont déçu, s’inscrivant en deçà des attentes aussi bien aux Etats Unis, qu’en Europe, emboitant ainsi le pas au ralentissement observé en Chine depuis la fin du premier trimestre. Les projections de croissance du PIB américain ont ainsi été revues par le consensus pour l’année en cours à +6.2% contre +6.6% en juillet.
  • A l’inverse, les publications des résultats des entreprises ont été conformes aux attentes, voire meilleures.
  • La crainte d’un resserrement des politiques monétaires dans un contexte inflationniste (3% en Allemagne, soit un plus haut historique sur dix ans) ne s’est pas concrétisée car le consensus penche encore pour une inflation temporaire.
  • Le commerce international repart à un rythme soutenu et les perturbations qui affectent les chaînes d’approvisionnement semblent temporaires et sans grande incidence sur l’activité.

Dans le même temps, pour les pays émergents, l’écart abyssal en matière de vaccination et leur capacité amoindrie de prendre des mesures de soutien continuent de faire des victimes, de détruire des emplois, et de peser sur l’investissement, la productivité et la croissance.

Autre point : le durcissement de la politique interne visant à mettre au pas les grandes sociétés et à juguler les excès de la spéculation immobilière (faillite probable du promoteur China Evergrand) diminue la visibilité sur les actions cotées et risque de restreindre les initiatives et à terme, la croissance. Les valeurs chinoises cotées à New York ont chuté de près de 30% sur l’année entamant lourdement la crédibilité de ces entreprises et les futures velléités de cotation sur la bourse de NY, ce qui était aussi l’effet recherché par Pékin. Les bourses chinoises et de Hong Kong baissent de 10% entre fin mai et fin Août et sont négatives sur 2021.

Ainsi, l’indice MSCI Monde en Euro s’adjuge 2,84% sur le mois à nouveau porté par les indices américains (+3.57% pour le S&P et +4.58% pour le Nasdaq) alors que l’Eurostoxx 50 progresse de 2.63%.

Les pays émergents rebondissent (+2.87%) après la forte chute du mois de juillet et la Chine (+0.34%) se stabilise malgré

Les élections législatives du 26 septembre en Allemagne, où le SPD semble faire la course en tête marqueront le point d’orgue du mois qui débute. Une nouvelle majorité, moins favorable à l’orthodoxie financière, dans la plus grande économie d’Europe couplée à l’adoption du plan de relance des infrastructures aux Etats unis pourrait constituer le cocktail budgétaire de trop pour les banquiers centraux qui seraient enclins à resserrer les politiques monétaires. Les réunions à venir des banques centrales seront certainement plus attendues que de coutume et les discours de ces membres de plus en plus divergents engendrant probablement un regain de volatilité dans un environnement sanitaire qui demeure préoccupant.

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