En cette rentrée, le découplage entre les marchés financiers et l’économie réelle ne se dément pas.

En cette rentrée, le découplage entre les marchés financiers et l’économie réelle ne se dément pas.

Après un «coma artificiel» provoqué par la crise du Covid-19, le monde se réveille doucement. Les marchés boursiers se sont également repris après les pertes spectaculaires du printemps. Aidés par les plans de relance et les annonces des banques centrales, presque tous les actifs risqués ont récupéré au moins 50 % de leurs pertes liées à la crise. C’est encore plus marquant aux États-Unis ou les indices sont dopés par les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazone et Microsoft), qui pèsent à eux seuls 20% des 500 plus grosses valeurs américaines et dont l’une pèse plus que les 40 sociétés du CAC40. Ces sociétés, auxquelles il faut maintenant rajouter Netflix, ont profité à plein des mesures prises pour lutter contre le coronavirus.

La durabilité de la reprise après l’un des marchés baissiers les plus courts que nous ayons jamais connus dépendra en fin de compte de notre capacité à contenir la propagation du Covid-19. A rebours, pour l’instant, des annonces de deuxième vague proférées depuis le début de l’été par nombre d’experts, selon l’OMS, on constate que la propagation ralentit dans la plus grande partie du monde. La première vague infectieuse sévit encore en Argentine, et une deuxième s’amplifie toujours en Tunisie, au Maroc, en Corée du Sud, Grèce ou Croatie. Les flux stagnent au Brésil et en Inde, une décrue se fait jour aux Etats-Unis, dans de nombreux pays d’Amérique du Sud et en Asie. En Europe, seuls la France, l’Italie et l’Espagne souffrent d’un rebond de l’épidémie mais la dangerosité semble moindre.

Aussi sévère qu’ait été le choc causé par les mesures de confinement partout dans le monde, (147 pays dans le monde sont en récession), la croissance a rebondi dans les pays développés et en Chine mais il faudra du temps pour retrouver le niveau d’avant crise, surtout dans les secteurs les plus touchés (tourisme, aviation, etc..).

L’Europe, que l’on présente souvent politiquement au bord du gouffre, sort en fait renforcée grâce au plan de relance collectif de 750 milliards d’euros proposé par la Commission européenne qui vient compléter la politique menée par la Banque Centrale Européenne.

Mais le rebond des marchés financiers et les mesures de soutien dans les pays riches ne peuvent faire oublier ce que souligne la Banque Mondiale, à savoir que les mesures de confinement ont particulièrement touchés les populations les plus fragiles. Dans son scénario de base, la croissance baisse de 5% en 2020 et fait basculer 71 millions de personnes dans l’extrême pauvreté (sous le seuil international de 1,90 dollar par jour) sont plus particulièrement frappés «le Nigéria, l’Inde et la République démocratique du Congo, qui concentrent plus d’un tiers des pauvres du monde entier ». Avec le scénario pessimiste, ce chiffre s’élèverait à 100 millions de personnes. Mais également « 176 millions de personnes, selon le scénario de base, devraient sombrer dans la pauvreté au seuil de 3,20 dollars, les deux tiers vivent en Asie du Sud. Et sur les 177 millions de nouveaux pauvres au seuil de 5,50 dollars, beaucoup d’entre eux se trouvent dans la région Asie de l’Est et Pacifique, mais bien moins en Afrique subsaharienne tout simplement parce que peu d’habitants de cette région ont un niveau de vie aussi élevé ».

De son côté, le FMI souligne que  » la baisse du nombre d’heures travaillées au niveau mondial entre le dernier trimestre 2019 et le premier trimestre 2020 équivaut à la disparition de 130 millions d’emplois à plein temps. D’après le Bureau international du travail, la baisse enregistrée au cours du deuxième trimestre 2020 représentera l’équivalent de plus de 300 millions d’emplois à plein temps. Ce sont les travailleurs peu qualifiés n’ayant pas la possibilité de travailler depuis leur domicile qui ont le plus souffert du choc sur le marché du travail. Il semblerait également que les hommes et les femmes n’aient pas été affectés de la même manière par les baisses de revenus : dans les couches les plus modestes de la population de certains pays, les femmes pâtissent davantage de la crise que les hommes. Le Bureau international du travail estime que près de 80 % des deux milliards de travailleurs du secteur informel au niveau mondial ont été fortement touchés par la crise ».

De nombreuses victimes, une augmentation de la précarité, un recul en terme de lutte contre la pauvreté, sans compter les effets induits (personnes évincées des systèmes de soin saturés, etc)…

Cette fin d’année s’annonce donc lourde : suivi de l’évolution du COVID19, force du rebond de l’économie dans les pays développés, conditions du rebond ailleurs, élections américaines, politique chinoise qui dévoile à Hong Kong un visage que l’on ne voulait pas voir, Turquie, Libye, etc..

Sur les marchés, avec le soutien maximal des gouvernements et des banques centrales, une moindre volatilité et un retour à la normale de l’activité des entreprises, les actions devraient continuer à performer.

Les taux devant rester durablement bas, quitte à passer sous l’inflation, c’est également vers les dettes émises par les entreprises qu’un potentiel de rendement subsiste.

Une nouvelle ère qui se confirme qui nécessitera d’accepter une certaine volatilité des placements, de diversifier et d’allonger son horizon d’investissement, en cohérence avec ses projets.

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