Conjoncture et Note FMI sur les enjeux en Europe

Les marchés actions se sont montrés jusqu’à présent très résistants, face aux risques politiques et météorologiques ou quant aux déceptions sur certains indicateurs économiques. Ils terminent le trimestre sur une note positive avec des nouveaux records inscrits pour le S&P 500 et le Nasdaq Composite soutenus par l’annonce de Donald Trump quant à un projet de réforme fiscale présentée comme « révolutionnaire ». Les investisseurs espèrent que les baisses d’impôts seront adoptées au plus tard début 2018 par le Congrès américain.

Les politiques monétaires restent très accommodantes et les discours des banquiers centraux sont extrêmement prudents, permettant aux taux longs de rester historiquement bas. L’objectif reste de réduire au maximum la volatilité sur les marchés en ne surprenant pas les investisseurs par des changements brutaux de politique monétaire.

Dans ce contexte, la croissance semble robuste en zone euro, elle est de 3% aux Etats-Unis où la fin du cycle n’est pas encore visible et, malgré un endettement élevé des agents économiques et des surcapacités de production, le gouvernement Chinois « maîtrise » son rythme de croissance.

De même, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a nettement revu à la hausse ses prévisions. Pour l’année en cours, la croissance des échanges commerciaux devrait atteindre 3,6 % et non plus 2,4 % comme anticipé en avril dernier. C’est presque trois fois plus que les 1,3 % enregistré en 2016. La reprise des échanges au niveau de l’Asie, notamment l’activité maritime interrégionale, et le regain de la demande d’importation d’Amérique du Nord sous-tendent ce rebond du commerce mondial. En Europe, toutefois, ces chiffres sont revus à la baisse : Les exportations européennes ne progresseraient que de 2,5 % cette année contre 2,8 % attendus en avril. La croissance des importations s’élèverait à 2,4 % au lieu de 2,9 %

 

Globalement, la croissance économique mondiale devrait donc se maintenir  sur cette fin d’année, sans augmentation notable des anticipations d’inflation sur les marchés. La visibilité au plan économique semblant donc plutôt bonne, les risques sont essentiellement d’ordre politique.

 

Pour l’Europe et ses enjeux, il est intéressant de s’arrêter sur la note publiée par le FMI en Juillet 2017 :

Très naturellement, le FMI exhorte à la baisse de l’endettement public et à la mise en place des réformes permettant de libérer les énergies et/ou de limiter le poids de l’état. Mais le FMI attire notre attention sur un problème de fond peu évoqué, à savoir : « l’absence de convergence des niveaux de revenu par habitant entre ses États membres. Dans les 12 membres fondateurs de la zone monétaire, le rapprochement des revenus est au point mort depuis l’adoption de l’euro. Contrairement aux attentes, la croissance affichée par les pays aux revenus plus faibles n’a pas été plus vigoureuse que celle des pays aux revenus plus élevés du groupe.

Cette hétérogénéité est intimement liée au ralentissement de la croissance de la productivité dans les pays qui avaient initialement des revenus plus faibles. Cela remet en question la promesse d’une hausse des revenus engendrée par une plus grande intégration économique, une des raisons d’être de l’union monétaire.

Dans le même temps, les écarts de compétitivité sous-jacente entre ces pays se sont creusés au cours des années qui ont suivi l’adoption de l’euro. »

Après quoi le FMI conseille d’effectuer des réformes via l’investissement, l’évolution des méthodes de travail, l’évolution des mécanismes de négociation salariale ; afin d’améliorer la productivité, de relever le taux d’emploi, d’améliorer les niveaux de vie et de faire face au vieillissement des populations. IL est aussi évoqué la nécessité de mettre en place des institutions communes et plus d’intégration (énergie, transports, numérique, marché financier unifié, capacité budgétaire centralisée).

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