Conjoncture Mars 2020, mise à jour 19/03

19/03/2020 :

Crise sanitaire ou crise économique et financière : quelles conséquences sur la gestion des portefeuilles ?

Le pire n’est pas forcément derrière nous. Les États-Unis  devront sans doute déclarer à leur tour le confinement généralisé, aujourd’hui au bon vouloir des États voire de certains comtés. Cette décision devrait déplaire aux marchés.

On a aussi pu voir récemment des tensions sur la liquidité de la dette souveraine des États-Unis avant que la Fed n’intervienne.

En outre, les différentes décisions des gouvernements et des banques centrales ont manqué de clarté, ce qui en a atténué les effets alors que les efforts envisagés sont considérables. N’est pas Mario Draghi qui veut : son « whatever it takes » avait relancé les marchés européens en 2012 ; les banquiers centraux de 2020 n’ont pas encore réussi et les mesures prises n’ont pas enrayé la chute des marchés.

Enfin, on peut aussi craindre qu’à la fin de la pandémie le nombre de décès crée une morosité qui empêchera la reprise de la consommation.

D’un autre côté, on constate que la république populaire de Chine et la république de Corée semblent tirées d’affaire ; les banques centrales proposent des mesures inédites pour soutenir la plupart des actifs, le soutien de la BCE a déjà détendu la pression sur les taux italiens ; les États proposent enfin des soutiens à l’économie réelle (entreprises) ; les États-Unis vont sans doute faire un réel « Money drop » ; enfin le pétrole est au plus bas et devrait le rester longtemps au vu des tension entre la fédération de Russie et le royaume d’Arabie saoudite.

Les marchés sont dans une situation où les cours ne représentent plus les valorisations des actifs : comment pourrait-on croire que la valeur d’une entreprise baisse puis remonte de plus de 10% (ou l’inverse) dans une même journée ! Cependant il ne faut pas oublier que l’ensemble des informations sont déjà dans les cours. Le problème est que tous les modèles de valorisation ont volé en éclats, plus personne n’ose acheter, nous avons atteint un niveau de panique irrationnel, les investisseurs semblent seulement vouloir « revoir leur argent ».

Trois solutions sont alors possibles :

– ne rien faire, les cours remonteront mais il faudra être très patient ;

– vendre (Stop loss) , ce serait considérer que le système va totalement s’écrouler, et il sera très difficile de revenir sur les marchés pour justement revoir cet argent ;

– acheter ou augmenter l’exposition au risque des portefeuilles ; de façon partielle dans un premier temps ; puis en accompagnant le marché. Sur un horizon de trois années on peut envisager une récupération beaucoup plus rapide ; nous pouvons prendre pour exemple le ratio price to book ( prix/ valeur nette comptable) de l’indice DAX, qui est  revenu sur ses plus bas des années 2008 et 2011, pour nous conforter dans cette opinion.

La plus grande inconnue est maintenant le temps, devenu indomptable. Il faudra attendre que les marchés retrouvent leur rationalité mais aussi que les économies se remettent en ordre de marche. Et surtout il nous faudra éviter toute panique pendant cette période.

03/03/2020 : Beau début d’année 2020 : signature, même partielle d’un accord commercial entre la Chine et les Etats-Unis, perspectives d’un Hard Brexit qui s’éloignent. Banque Mondiale et FMI qui prévoient un redressement, même léger des perspectives de croissance.

En soutien de cet optimisme, fin Février, aux Etats-Unis, la consommation des ménages, les statistiques des revenus des ménages, ainsi que le PMI de Chicago et l’enquête de confiance du consommateur de l’Université du Michigan ont toutes été publiées un peu au-dessus des attentes, s’y ajoutaient de bonnes annonces de résultat des entreprises.

Mais cela, c’était avant…

Bien évidemment, toutes les prévisions sont déjouées par le Coronavirus.

Après être restés stoïques fin janvier et pendant la majeure partie du mois de février, les marchés ont fini par réaliser que l’épidémie était d’ampleur mondiale et qu’elle aurait un impact sérieux sur l’activité. Dans un contexte ou les actions sont parfois perçues comme chères après le rattrapage de 2019, la prudence l’a emporté et les marchés ont reperdu en 3 semaines le terrain acquis en 2019, voire plus. Au 9 mars, depuis le 20 février, New York baisse de 18% et le CAC 40 de 21%. La baisse de l’activité entraîne également une forte baisse des matières premières, ce qui est positif pour les importateurs.

A ce stade, si les incertitudes restent élevées quant à la durée des perturbations et l’importance des impacts (Baisse de la consommation, du tourisme, de l’activité industrielle) certains veulent croire à un choc transitoire, suivi d’un rattrapage. Le redémarrage de l’activité en Chine semble confirmer ce scénario. Par ailleurs, l’impact négatif devrait être en partie compensé par la baisse des matières premières, les politiques accommodantes des banques centrales et les politiques budgétaires.

Cette baisse brutale peut donc représenter une opportunité pour investir, en conservant un horizon d’investissement à long terme.

 

 

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