Retour de la volatilité sur les marchés financiers

L’activité économique mondiale semble avoir encore accéléré en fin d’année dernière, débutant 2018 sur une dynamique particulièrement favorable. Un coup d’arrêt brutal étant peu probable.

En zone euro, notamment, l’activité économique pourrait encore accélérer ces prochains mois. Or, la reprise de croissance et sa montée en puissance se sont d’abord basées sur l’industrie manufacturière. La progression de l’activité dans ce secteur a soutenu la redynamisation des échanges internationaux de marchandises et il bénéficie aujourd’hui de la croissance plus soutenue du commerce international. Il devrait donc rester dynamique.

Le récent mouvement de volatilité sur les marchés s’explique essentiellement par un changement de perception du risque inflationniste des investisseurs. Ces derniers semblent intégrer un élément important : les pressions inflationnistes ont fortement augmenté en 2017.

La croissance et les désinvestissements ont permis d’absorber les capacités de production excédentaires dans le secteur des matières premières. Les signes de baisse de certains stocks ont induit une forte remontée des cours. Toutefois, un éventuel ralentissement de l’activité économique en Chine serait, notamment, lié à la fermeture de capacité de production dans le secteur minier ou des métaux, du fait de leur faible rentabilité et dans un but de lutte contre la pollution. Ainsi, il ne s’accompagnerait pas forcément par une baisse des importations chinoises de matières premières, au contraire…

Second élément, selon une estimation de la Banque Mondiale, les capacités de production excédentaires dans le Monde devraient disparaitre cette année. Cette mesure est toujours délicate, mais très clairement l’industrie a bénéficié d’une forte croissance en 2017 et d’une remontée du taux d’utilisation des capacités de production. Il n’est donc pas étonnant que dans les enquêtes, les industriels annoncent une hausse de leurs prix de vente. Le pricing power des entreprises augmente, donc une accélération des prix est logique dans les prochains mois, au moins au niveau de certains biens de consommation.

Enfin, tertio, les tensions salariales pourraient être plus fortes, au moins dans certains pays où des tensions sur le marché du travail sont plus visibles, comme aux Etats-Unis ou en Allemagne par exemple.

Face à ces éléments, le risque inflationniste augmente dans de nombreux pays. La croissance mondiale est solide et elle profite à tous. Les scénarios de déflation n’ont plus de raison d’être et les banquiers centraux peuvent être plus confiants dans un retour de l’inflation vers leur objectif de moyen terme.

Dans ce contexte, face à la perspective d’une remontée des rendements obligataires et de normalisation plus rapide qu’envisagé jusque-là de la politique monétaire américaine, Wall-Street a subi une violente correction, accompagnée d’un brutal regain de volatilité.

Bien sûr, les autres marchés actions, et en particulier les marchés actions européens ont subi un mouvement équivalent, même si l’écart entre le VIX et le VStoxx s’est montré très… volatile. De fait, la tendance à la remontée des taux d’intérêt implique un repricing des marchés actions. Le marché américain est sans doute plus fragile à ce mouvement. Toutefois, l’intégration de l’impact de la réforme fiscale sur les perspectives de profits des entreprises américaines pourrait soutenir Wall-Street ces prochaines semaines.

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