La barbarie à nos portes, l'impact de la guerre ukrainienne, une chine confinée, Inflation sur des produits de première nécessité : beaucoup de nuages

Pas d’amélioration en ce mois d’Avril. La Banque Mondiale et le FMI déclarent faire face aux chocs issus de la guerre en Ukraine s’ajoutant aux bouleversements liés au COVID notamment à la politique chinoise de confinement massif, à l’inflation et à la montée des tensions internationales, le tout sur fond de changements climatiques aux impacts de plus en plus sensibles.

Ainsi, comme le souligne le FMI dans les perspectives de l’économie Mondiale (Avril 2022), nous devons faire face à plusieurs répercussions qui touchent les plus vulnérables.

Tout d’abord un ralentissement de la croissance mondiale chiffré à 0,8% en 2022 ; la croissance passant de 6,1% en 2021 à 3,6% en 2022 et 2023 pour s’établir à 3,3% à moyen terme. Le FMI souligne que ces prévisions supposent une stabilisation de la situation en Ukraine et tiennent compte des sanctions européennes en l’état. Il souligne le haut niveau d’incertitude (extension du conflit ou des sanctions, COVID en Chine et réaction des autorités, tensions sociales dans de nombreux pays du fait de l’augmentation des prix des denrées alimentaires et de l’énergie).

Ensuite, la hausse des cours des produits de base (aliments et énergie) générant une inflation de 8,7% dans les pays émergents et en développement et 5,7% dans les pays avancés. La Banque Mondiale souligne pour sa part une augmentation du prix des denrées alimentaires de 37% en glissement annuel (conférence de presse du Président de la banque mondiale 20/04/2022). Il est pointé la nécessité d’investir plus dans les pays en voie de développement et de favoriser plus d’échanges commerciaux afin d’accroitre l’offre « et atténuer certaines des conséquences que subissent les pays pauvres ». S’il est espéré une résorption progressive des déséquilibres entre l’offre et la demande, on ne parle plus d’inflation temporaire tant les incertitudes sont grandes.

Enfin, sur fond d’augmentation massive de la dette, en particulier dans les pays les plus pauvres, l’augmentation des taux d’intérêt accentuent les pressions dans les pays en développement et nécessitent des mesures préventives. Pour mémoire, la Chine est un des plus gros créanciers de nombreux pays africains.

Dans ce contexte lourd, le FMI propose de ne pas perdre de vue le long terme et de prendre en compte les effets positifs des technologies émergentes, du numérique, des nouvelles manières de travailler, de la transition des méthodes de production vers des systèmes plus propres, pour former et faire progresser le monde qui doit améliorer sa coopération.

Tout ceci a un impact sur les marchés :

  • Les marchés obligataires ont poursuivi leur correction du fait de la hausse des taux d’intérêt 10 ans qui progressent de 53 et 39 points de base respectivement aux Etats Unis (2.94%) et en Allemagne (0.94%), les « spreads » (écarts) de taux souverains s’écartant en défaveur de la France et de l’Italie sur le mois. Le marché du crédit d’entreprise se dégrade également sur la période.
  • S’agissant des marchés actions, la tension sur les taux d’intérêts semble avoir été le facteur d’inquiétude majeur comme en témoigne la chute de 13% du  Nasdaq (-8.9% en Euro), emblématique des valeurs de croissance.  L’indice MSCI Monde en euro perd 3.8 % sur le mois, emporté par les marchés américains (-4.9% pour le S&P et  par le Nasdaq), la zone Euro (-2.1 %) surperformant du fait d’une composition sectorielle plus cyclique et grâce à la baisse de la devise face au dollar (-4.7%). En Asie la Chine chute de 4.1% en dépit de l’intervention des autorités pour soutenir le marché action  au travers d’achat de titres et de la baisse du taux des réserves obligatoires des banques. Le japon affiche également un repli de 5.6% en Euro sur le mois  principalement du fait de la baisse du Yen orchestré par la banque centrale.

La saison des résultats constitue à ce stade un motif de satisfaction aussi bien aux Etats Unis qu’en Europe où 80% et 66% respectivement des entreprises ont battu les attentes.  Les dirigeants d’entreprise soulignent toutefois l’absence de visibilité sur les trimestres à venir du fait de la hausse des matières premières (guerre en Ukraine )  et des disruptions des chaines d’approvisionnement (covid en Chine ).

La levée de ces hypothèques engendrerait une réappréciation importante des marchés actions mais pour l’heure les conditions d’une stagflation n’auront jamais été aussi bien réunies et la sagesse commande d’attendre de recouvrer un peu de visibilité.

 

 

Nos dernières actualités