En Avril et début Mai, les marchés sont remontés en Europe grâce à des publications de résultat globalement satisfaisantes et semblent tenir malgré malgré un environnement géopolitique qui se dégrade.

Actions :

Les entreprises du S&P 500 commencent à publier leurs résultats du premier trimestre 2018. La progression attendue des bénéfices par action est la plus forte depuis 7 ans. Mais ce mouvement s’explique en grande partie (à hauteur d’environ 1/3) par la réforme fiscale, un mouvement largement intégré dans les cours actuels des valeurs. Les investisseurs seront essentiellement sensibles à l’évolution des profits domestiques et des marges des entreprises du S&P 500, ainsi qu’à la réaction des chefs d’entreprises aux tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis. L’incertitude qui en résulte pourrait inciter de nombreuses entreprises à être prudentes sur leurs guidances 2018, notamment sur leurs projections de ventes en Chine. Le secteur de la santé, ainsi que les valeurs technologiques et industrielles sont très sensibles au marché chinois. Sur le marché domestique, le secteur bancaire et de la distribution pourraient souffrir d’un premier trimestre difficile : les consommateurs américains se montrés prudents en ce début d’année tant dans leurs achats que dans leur crédits à la consommation. Enfin, d’un point de vue plus micro, dans le secteur technologique, les investisseurs seront sensibles à l’impact économique de l’affaire Facebook.

Taux

La normalisation des politiques monétaires se confirme et le processus sera très progressif, partout. A horizon des prochains mois, le débat porte seulement sur la nécessité de deux ou trois hausses supplémentaires. Les statistiques d’inflation et de salaires contribueront à faire pencher la balance entre les deux hypothèses.

En zone euro, les débats se concentrent sur les modalités de l’arrêt du QE d’ici la fin de l’année, qui déterminent les anticipations de calendrier de début de relèvement des taux directeurs. De ce fait, il convient de suivre de près la communication de la BCE.

Au Japon, la BoJ, a commencé à évoquer la possibilité d’une inflexion prochaine de sa politique. Mais elle reste pour l’heure hésitante.

En Angleterre, la faiblesse du taux de croissance au premier trimestre 2018 a surpris, ce qui devrait remettre en cause la remontée prévue de son taux directeur cette année.

 

Pour les taux longs, en période d’accalmie, quand les investisseurs jugent les risques moins importants, le désengagement des obligations entraîne une remontée progressive des rendements obligataires. Hors les incertitudes politiques et géopolitiques, rendent moins probable  à court terme une remontée des rendements obligataires et une repentification des courbes de taux

Changes

Le dollar a continué à se déprécier lentement ces dernières semaines, son taux de change effectif reculant de 0,6% en un mois, ce qui porte sa baisse à 2,8% depuis le début de l’année. L’amélioration de la conjoncture économique américaine et l’augmentation de plus en plus évidente des tensions inflationnistes, qui contribue au durcissement du discours des membres du FOMC, sont largement contrebalancés par l’incertitude générée par la communication de l’administration américaine, qui nourrit les crantes de conflit commercial, notamment avec la Chine, mais aussi qui attisent les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ou avec la Russie.

Alors que la politique de Donald Trump vise à réduire le déficit commercial des Etats-Unis et qu’elle devrait être inflationniste, le billet vert devrait s’apprécier avec la hausse les taux d’intérêt américains. Mais, notamment en raison de la hausse attendue du déficit budgétaire des Etats-Unis et de la dépendance des Etats-Unis à l’épargne étrangère pour financer ce dernier, on observe au contraire que la défiance envers le billet vert se traduit par des tensions sur le marché obligataire…

Conjoncture :

Aux Etats-Unis, une anomalie que l’on a du mal à expliquer : Depuis 2008, dans un contexte de croissance et de taux de chômage faible, le taux de participation des américains au marché du travail a sensiblement reculé. Le débat entre les économistes est intense pour expliquer ce phénomène et tenter de projeter l’évolution de ce taux de participation dans les prochaines années. De fait, s’il venait à se redresser, il pourrait fortement atténuer les tensions salariales et prolonger le cycle économique. Mais, si son maintien à très bas niveau correspond à des changements structurels, l’amélioration du marché du travail ne lui permettra pas de rebondir de manière significative… A suivre

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