Si un changement de tendance de l’inflation globale se confirme, des conséquences en résulteront en matière d’allocation d’actifs.

Les investisseurs continuent de plébisciter les actions européennes semaine après semaine. Après déjà cinq semaines consécutives positives, la semaine dernière enregistre le flux d’investissement dans les actions européennes le plus élevé depuis décembre 2015. L’optimisme revient peu à peu sur les marchés notamment après le premier tour des élections présidentielles françaises.

Cet optimisme est nourri par 4 facteurs : la reprise économique, la politique monétaire, les élections évitant le risque extrémiste et une révision en hausse des bénéfices au vu des chiffres publiés par les entreprises pour le premier Trimestre.

Le changement de cap des cours des matières premières, après un point bas atteint en début d’année dernière, a contribué à profondément modifier la perception des investisseurs sur les perspectives économiques mondiales. La crainte de déflation a été remplacée par un scénario de reflation enclenchant un cercle vertueux. Cela reste à confirmer, surtout en Europe, mais dans ce cas, cela ouvre la voie à un durcissement des conditions monétaires mondiales et à une normalisation des politiques des banques centrales.

Pour mémoire, depuis le début des années 1980, l’inflation a entamé une grande phase baissière dans les économies avancées. Le mouvement s’est généralisé à l’ensemble de l’économie mondiale à partir des années 1990, quand les pays à forte, voire très forte, inflation ont entamé des programmes d’ajustement, souvent sous l’égide du FMI. Le mouvement s’est poursuivi, et même amplifié, dans les économies émergentes dans la première partie des années 2000.

Un rebond général, mais très ponctuel, est intervenu à la veille de la crise qui a conduit à la grande récession. Dans un contexte d’inflation très faible, la crise des subprimes et les contraintes qu’elle a générées sur le financement de l’activité économique a renforcé les pressions déflationnistes, notamment dans les économies avancées.

Du fait des politiques menées par les banques centrales et d’une croissance globale qui se redresse, l’inflation semble amorcer un rebond depuis quelques mois. Mesurée par le FMI, l’inflation mondiale est ainsi passée d’un plus bas de 2,4% en août dernier, à 2,7% en décembre.

Ainsi, à ce stade, les signaux restent encore indistincts :

– Aux Etats-Unis par exemple, la croissance a bien entraîné une baisse du chômage, et les entreprises déclarant manquer de main d’œuvre qualifiée ont retrouvé leur point haut d’avant la crise des Subprime. Ainsi, il est anticipé une hausse probable des prix et des salaires dans les prochains mois poussant la Banque Fédérale Américaine Fed à continuer la « normalisation » progressive de sa politique de taux d’intérêt.

– En Chine, les prix à la consommation ont augmenté ces derniers mois car le coût des matières premières et des importations en hausse commence à se répercuter sur les prix de vente.

– En Europe, les prévisions d’inflation ont été relevées en Mars, et au risque politique près, les prévisions sont optimistes pour la Croissance. La BCE attendra toutefois la confirmation de la baisse du taux de chômage pour amorcer le resserrement de sa politique monétaire.

Si un véritable changement de tendance de l’inflation globale se confirme, d’importantes conséquences en résulteront en matière de politique monétaire, mais aussi d’allocation d’actifs.

En effet, le mouvement est encore modeste, surtout concernant les obligations mais en cas de confirmation du scénario de reflation, il est probable que les investisseurs vont massivement arbitrer les obligations en faveur des actions.

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