L’œil du cyclone.

Il semble que la première vague soit passée et que l’activité commence à se redresser dans la plupart des pays qui sortent de la période de confinement. Toutefois, la vigueur de cette reprise, ses modalités et les éventuels changements de comportement induits par cette période restent largement inconnus et les spéculations vont bon train.

Il est toutefois assez probable qu’une grande part de l’activité perdue ne soit pas rattrapée, en ce sens que les ménages ne semblent pas si optimistes qu’ils se mettent à fêter par une consommation frénétique le retour à la normale. Par ailleurs les mises en garde répétées sur les risques de seconde vague, le retour d’un chômage de masse, les informations alarmantes touchant des pans entiers de l’industrie, l’évolution de la façon de travailler et son impact éventuel sur l’immobilier, la hausse de l’endettement des états planant sur nos têtes et enfin les émeutes aux États-Unis n’incitent pas à l’optimisme débridé.

Nombreux sont ceux enfin, qui estiment que le comportement des consommateurs va durablement changer après cette crise qui marquerait la fin de la période de consommation à outrance, au profit d’une consommation plus responsable et plus « essentielle ».

A nos yeux, cette évolution possible et sans doute souhaitable, ne peut masquer la nécessité de faire progresser les niveaux de vie en Chine, en Inde, en Amérique du Sud et en Afrique, c’est-à-dire pour les 4/5° de la planète. Si nous prenons comme exemple le point touchant à la nécessité de se laver les mains, la Banque Mondiale rappelle que « pour trois milliards de personnes dans le monde qui ne peuvent pas se laver les mains à l’eau et au savon chez elles, ce geste banal de prévention est tout simplement hors de portée. Aujourd’hui, 47 % des écoles de la planète ne disposent pas d’installations permettant de se laver les mains à l’eau et au savon, ce qui concerne 900 millions d’enfants en âge scolaire ».

Il faudra du temps pour démêler tout cela et discerner ou sont les moteurs de la croissance. Ainsi, il est à craindre que le retour au niveau d’activité d’avant confinement soit assez long avec un taux de chômage durablement plus élevé.

Dans ce contexte, nombreux sont ceux qui considèrent que les marchés actions sont chers, que les matières premières vont remonter sans excès car les capacités de production restent excédentaires, et que le contexte global reste résistant au retour de l’inflation.

A suivre…

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