Nuages politiques en Europe et annonces américaines, des incertitudes accrues.

Le mois de mai, haché par les ponts, a démarré en nette hausse sur les indices européens. La baisse de l’euro s’est confirmée jour après jour, aidée par le sentiment que l’écart de politique monétaire entre la FED et la BCE ne serait pas comblé demain, ni même après-demain.

Les derniers chiffres en zone euro confirmant le ralentissement de la croissance jugée temporaire, tandis que la croissance américaine devrait être robuste au 2° Trimestre.

Mais finalement, les marchés ont calé à la fin du mois car le risque souverain a fait un retour brutal en Europe avant de se reprendre au fil du déroulement des différents actes de la pièce Italienne. En effet, l’Italie évite le psychodrame d’un retour aux urnes, mais un gouvernement populiste instable va maintenant prendre les rênes du pays. En Espagne, l’arrivée d’un nouveau gouvernement inquiète. En l’absence de visibilité sur la future trajectoire du déficit, la prudence prédomine.

Points positifs, l’Allemagne semble faire des propositions sur l’avenir de l’Union Européenne et la France semble désireuse de s’attaquer au sujet de fond qu’est le poids de l’Etat dans notre pays.

Plus largement, avant l’aggravation de la crise italienne, l’Iran était sur toutes les lèvres. En effet, les Etats-Unis ont dénoncé l’accord sur le nucléaire iranien. Téhéran a demandé des garanties aux pays européens pour tenter de le sauver, mais voilà qui ne va pas améliorer les relations internationales au Moyen-Orient. Les Etats-Unis sont également à l’origine d’une poussée de violence dans la bande de Gaza après le transfert de l’ambassade américaine en mai, de Tel-Aviv à Jérusalem.

Enfin, la thématique de la guerre commerciale a resurgi à la fin du mois. Le 31 mai, Washington a fait savoir qu’il n’y aurait pas de nouvelle exemption sur les droits de douane de l’acier et l’aluminium en provenance de l’UE, du Canada et du Mexique et pourrait bientôt appliquer les taxes sur les 50 mrds $ d’importations chinoises. Des mesures de représailles sont donc inévitables de la part des pays taxés, au risque d’un engrenage infernal si Washington cible à son tour d’autres produits.

Les scénarios économiques sur la croissance mondiale s’annoncent donc plus complexes et le président américain en semble largement responsable.

A la fin de l’année 2017, l’optimisme dominait largement au sein des économistes et des institutions internationales et, malgré des enquêtes plus mitigées sur les quatre premiers mois de l’année, le FMI révise nettement à la hausse ses attentes sur la croissance Européenne : 2,4% en Euroland cette année, et 2,0% l’année prochaine, contre + 1,9% et 1,7% précédemment. Certes, le FMI souligne des risques comme les tensions commerciales et incertitudes géopolitiques, ou un éventuel durcissement des conditions financières. Mais, rien qui justifiait un changement drastique de scénario.

Depuis ce début d’année, les différentes déclarations du président Trump ont un impact sur la croissance mondiale. Il génère de l’incertitude et pourrait fragiliser l’un des moteurs identifié par les économistes pour la croissance mondiale de 2018 : l’investissement des entreprises.

Un élément est certain « l’effet réforme fiscale » sur l’investissement des entreprises n’est pas encore visible, pour le moment…

S’il est trop tôt pour changer de scénario économique sur la croissance mondiale. Il existe clairement un « trou d’air » sur ce début d’année, une inflexion de la croissance, plus ou moins marquée selon les zones. L’Europe est particulièrement affectée, mais elle avait connu une nette « surperformance » sur la fin 2017…. A suivre

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