Un premier semestre rare pour les marchés financiers malgré un environnement lourd de défis

Sous réserve de surprise de type variant agressif, le monde semble sortir de la pandémie COVID 19 et retrouver progressivement un mode de fonctionnement normal.

Toutefois, comme le souligne la commission des affaires étrangères du parlement européen, cette pandémie mondiale a engendré une crise sanitaire, économique, sociale et humanitaire sans précédent à l’échelle planétaire, assortie de tensions systémiques au sein de la gouvernance mondiale et de conséquences lourdes et durables pour les relations internationales.

Il faudra du recul pour analyser tout cela, mais il est déjà avéré que la réponse par le confinement a touché de manière disproportionnée les pays et les populations les plus vulnérables en aggravant la situation humanitaire notamment dans les zones de conflit et les camps de réfugiés.

La Banque Mondiale a pointé la régression entraînée dans le domaine de la lutte contre la pauvreté qui compromet les objectifs de réduction du taux d’extrême pauvreté à moins de 3% visé pour 2030.

L’OMS pointe les retards pris dans les campagnes de vaccination de masse (hors COVID) ce qui expose environ 228 millions de personnes, principalement des enfants, à des maladies telles que la rougeole, la fièvre jaune et la poliomyélite. Cela touche 60 campagnes dans 50 pays dont la moitié en Afrique.

Dans nombre de pays, une érosion des libertés et de la démocratie sont notés et notamment au sein des dictatures et « démocratures » qui ont encore durci le contrôle sur les populations. On notera par exemple Chine (dissimulation, manipulation, rétention d’informations, censure, répression, persécution et disparitions des lanceurs d’alerte, opacité sur les origines de la pandémie, rapport de force accru Taïwan, Tibet, mer de Chine, Hong Kong, Afrique) ; Inde (répression politique contre les défenseurs des droits de l’homme sur fonds de tensions communautaristes) ; Russie (désinformation, cyberattaques contre les organismes de recherche, recherche de déstabilisation de l’Union Européenne notamment en mettant un coin entre l’UE et les Balkans), Iran, Israël/Palestine, Syrie, Yémen, Afrique, etc..

De même, dans le monde entier, les lignes d’assistance et les refuges pour les victimes de violences domestiques rapportent une augmentation des appels à l’aide ; et, dans un certain nombre de pays, les signalements de violence domestique et les appels d’urgence ont augmenté de 25 % depuis la mise en œuvre des mesures de distanciation sociale.

Ainsi, le rapport 2020 sur la pauvreté et la prospérité partagée émis par la banque mondiale analyse trois facteurs dont la conjonction alimente la crise actuelle et prolongera son impact à l’avenir :

  • une pandémie (celle de COVID-19 et la récession économique mondiale qui l’accompagne, qui inversent rapidement les tendances à la réduction de la pauvreté),
  • des conflits violents (dont les effets se sont progressivement intensifiés ces dernières années),
  • le changement climatique (un risque qui s’accroît lentement et pourrait faire basculer des millions de personnes dans la pauvreté).

La bonne nouvelle réside dans le retour des Etats-Unis au sein des instances de gouvernance mondiale et dans ce qui semble être une prise de conscience de l’Europe qui avec 500 millions de personnes et en tant que premier marché au monde doit répondre aux défis de demain par plus de coopération, une autonomie stratégique et une évolution de sa gouvernance.

Au plan économique, la croissance semble plus forte que prévue, même si la production mondiale devrait être inférieure aux projections d’avant la pandémie d’environ 3 % en 2024 (moyen terme). Étant donné que la stabilité financière a été largement préservée, les séquelles escomptées sont moindres que celles observées à la suite de la crise financière mondiale mais les pays émergents et en développement devraient être plus touchés du fait des inégalités dans l’avancement des programmes de vaccination.

Cette forte croissance, déséquilibrée selon les régions car Asie et États-Unis sont repartis plus vite que d’autres pays développés, n’est toutefois pas tenable et génère déjà des pénuries, des hausses de délais de livraison et des hausses de prix. Le trafic maritime est également exceptionnellement tendu. Ces deux points pèsent sur les délais de fabrication/livraison, ce qui peut freiner le redémarrage ici ou là et générer une augmentation des coûts participant d’une hausse de l’inflation. Certains conjoncturistes y voient un phénomène ponctuel, d’autres sont plus prudents et considèrent qu’il faudra plusieurs mois d’ajustement.

Les anticipations sur l’inflation temporaire ou non, sont un élément clef de l’évolution des marchés car cela conditionne les taux d’intérêt pilotés par les banques centrales.

A ce stade, les marchés financiers, en décalage avec le vécu de la majorité, ont fortement progressé sur l’année écoulée du fait des politiques des banques centrales et sont bien valorisés sur la base d’un scénario de croissance forte avec maintien de taux d’intérêt bas.

Hors, si la croissance reste forte, les banques centrales pourront diminuer leur politique « argent facile » et les taux devraient remonter. A l’inverse, si la croissance faiblit, les anticipations optimistes quant aux résultats des entreprises devraient être revus à la baisse.

Il reste toutefois des perspectives liées à des technologies de rupture, à une confiance dans l’avenir conduisant à moins d’épargne de précaution et à la croissance des pays émergents chez qui les besoins sont immenses.

Dans ce contexte,

  • Nous diminuons notre exposition actions autour de 50%
  • Nous investissons dans des obligations d’entreprises internationales autour de 25%

Nous conservons des liquidités pour profiter des baisses éventuelles de marché. En effet, il est clair que la moindre baisse des marchés actions semble temporaire car elle est mise à profit du fait de l’abondance de liquidités.

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