Des marchés optimistes?

La crise sanitaire et le confinement qui s’en est suivi conduisent à une crise économique dont on a du mal à mesurer l’ampleur et les conséquences. L’activité a chuté lourdement dans de nombreux secteurs, elle repart vivement dans  un premier temps puis plus lentement, laissant augurer un retour à la situation antérieure étalé sur plusieurs années. Certains secteurs semblent toutefois plus durement impactés (aérien, pétrole), laissant penser que certains comportements seraient amenés à changer durablement (tourisme, télétravail).

Ainsi, selon le dernier rapport du FMI, le PIB mondial devrait se contracter de façon plus marquée que prévu en avril, avec une baisse de 4,9 % en 2020 et être suivi d’une reprise plus lente dans un contexte incertain.

Le FMI souligne « l’impact négatif sur les ménages à bas revenus est particulièrement sévère, et pourrait compromettre les progrès considérables qui ont été accomplis en matière de réduction de l’extrême pauvreté dans le monde depuis les années 90 ».

Enfin, à rebours de la politique menée par certains, il est rappelé « qu’une étroite coopération multilatérale demeure indispensable dans de multiples domaines. Les pays confrontés à des crises sanitaires et à des déficits de financement extérieur ont un besoin impérieux de liquidités, notamment par le biais d’un allégement de leur dette et d’un recours au dispositif mondial de sécurité financière. Indépendamment de la pandémie, les dirigeants doivent travailler de concert afin de résoudre les tensions commerciales et technologiques qui pourraient compromettre la reprise après la crise de COVID-19 ».

On notera que l’Europe, régulièrement présentée comme au bord de l’implosion, et après des loupés notamment vis à vis de l’Italie, semble prendre mieux conscience de sa nécessité. Sous l’impulsion de Christine Lagarde, Ursula von der Leyen et Angela Merkel, il est mis en place plan de relance, union de la santé et il est effectué une prise de conscience de la nécessité d’une plus grande fermeté quant au respect des règles permettant une concurrence plus juste.

Sur les marchés financiers, la crise a été marquée par 2 phases : une forte baisse de l’ordre de 30% suivie d’une remontée au fil des annonces sur la maîtrise de la situation sanitaire et l’ampleur du plan de relance annoncés par les autorités monétaires soutenues par les gouvernements. Cette remontée, qui touche aussi les pays émergents, ramène les marchés en moyenne à 85 % de leur niveau de mi-janvier. Les taux d’intérêt ont également baissé. Ainsi, les marchés anticipent que la crise sera effacée en 2021, ce que la réalité ne vient pas encore étayer.

De fait si l’on peut se réjouir de cet « optimisme » des marchés, nombreux sont ceux, comme le FMI, qui alertent sur :

– l’apparition « d’un décalage entre les marchés financiers et l’évolution de l’économie réelle. Cette vulnérabilité risque de compromettre la reprise en cas de diminution de la propension au risque des investisseurs. En fait, les valorisations semblent excessives sur bon nombre de marchés boursiers et de marchés d’obligations de société ». Une déception sur les anticipations de résultat des entreprises en 2021 et 2022 amènera donc une correction sur les marchés, sans parler d’une poussée de l’épidémie à l’automne.

– la dette globale des entreprises qui est en hausse depuis plusieurs années et se situe à des niveaux records par rapport au PIB. La dette des ménages a également augmenté, en particulier dans des pays qui ont été épargnés par les pires effets de la crise financière mondiale de 2007-2008

Dans ce contexte, notre allocation propose de rester prudent :

  • Monétaire et obligataire (cash, Fonds Euro pour les besoins de trésorerie à 5 6 ans, ou fonds obligataires de maturité courte) minimum 40%
  • Actions avec une approche diversifiée et internationale.
  • Immobilier (OPCI, etc..), selon les offres et la sensibilité de chacun.

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