COVID : pour la première fois un impact mondial.

L’année aura donc été particulière du fait du COVID 19. La particularité de cette épidémie somme toute moins dangereuse que beaucoup de ses devancières réside dans la réponse qui y a été apportée qui se situe au niveau mondial. Bon gré mal gré, l’ensemble des institutions politiques sanitaires et financières ont réagi plus ou moins de la même façon : confinement plus ou moins sévère entraînant un blocage de l’économie et des échanges ; souplesse budgétaire des autorités politiques et monétaires pour en contrer autant que possible les effets, surtout sur les plus fragiles. Ainsi, selon Kristalina Georgieva Directrice Générale du FMI le 9/11/2020 « les autorités ont engagé 12 000 milliards de dollars sur le plan budgétaire et environ 7 500 milliards de dollars sur le plan monétaire ».

Les rapports de la banque mondiale et du FMI pointent toutefois la régression que cette année entraîne sur le plan de la lutte contre la pauvreté et l’illettrisme. L’année 2020 sera ainsi marquée par la pire récession depuis la crise de 1929 entraînant une contraction de l’économie mondiale et des revenus par habitant, ce qui fera basculer des millions de personnes dans l’extrême pauvreté, soit un recul d’une dizaine d’années dans le combat mené sur ce terrain. C’est en effet l’économie informelle, importante en Afrique subsaharienne, en Amérique Latine ou en Inde qui a été touchée de plein fouet, augmentant d’autant la précarité et creusant les inégalités.

Même si des vaccins voient le jour, la crise n’est pas terminée et on ignore comment nous nous relèverons de ses conséquences (endettement historiquement élevé public et privé, accroissement des inégalités et de la précarité, reculs au plan scolaire, etc..).

Dans ce contexte, les marchés financiers ont connu deux phases, après une année 2019 favorable et un début d’année 2020 satisfaisant, les marchés ont pris conscience de la montée en puissance de l’épidémie en baissant fortement en mars avec des baisses allant de 20 à 30% ; les marchés européens étant parmi les plus frappés. Depuis cette date et malgré une faiblesse en octobre, les marchés ont repris le terrain perdu et sont même redevenus positifs, sauf en Europe ou l’indice Eurostoxx 50 ressort à -5,14% et l’indice français CAC 40 à -7,14%. Le secteur grand gagnant de cette crise étant celui des valeurs technologiques ayant bénéficié du confinement.

Les marchés ont donc clairement anticipé, sauf en Europe, un fort rebond de l’activité en 2021 (Asie et États-Unis en tête) sur fond de maintien des taux bas. Pourtant, l’incertitude domine et la prudence s’impose :

  • Les vaccins doivent prouver leur efficacité, être administrés suffisamment tôt pour éviter des confinements / déconfinements bridant la reprise.
  • A ce stade, l’impasse commerciale entre les États-Unis et la Chine subsiste et les deux pays représentent plus de 40 % du PIB mondial (ils sont également les deux plus grands émetteurs de gaz à effet de serre au monde). Toutefois, l’élection de Joe Biden laisse espérer un retour actif des Etats-Unis visant à revivifier les grandes instances internationales comme espace de discussion et de résolution des conflits.
  • Turbulences géopolitiques (Iran, Turquie, Yémen, Lybie, Syrie, Afrique, Liban)
  • Turbulences climatiques : on notera que parmi les 10 risque jugés les plus menaçants lors du forum Davos, les questions climatiques et leurs effets ressortent dans les 5 premières places (tempêtes et écarts climatiques accrus, destructions d’écosystèmes avec perte de biodiversité, crises de l’eau, maladies infectieuses, armes de destruction massive, immigration subie, cyberattaques, gouvernance défaillante, bulle financière).

Ces défis rendent nécessaires un renforcement de la coopération mondiale, une présence forte de l’Europe et une reprise active de la lutte contre le creusement des inégalités et la pauvreté.

Puisse 2021 apporter quelques progrès dans ces domaines.

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