Conjoncture 2020

Les marchés ont donc bien performé en 2019. Plusieurs raisons évoquées : un rebond suite à la baisse excessive de 2018, une conjoncture internationale qui reste porteuse malgré un ralentissement du taux de croissance, un soutien des banques centrales, et des relations internationales pour lesquelles les scénarios les plus sombres ne se sont pas réalisés.

Toutefois, la hausse des marchés est paradoxale car elle s’est réalisée dans un contexte global de crainte, tirée essentiellement grâce aux valeurs de croissance et par des rachats d’actions d’entreprises par elle mêmes. Les investisseurs sont en effet restés globalement prudents et peu investis.

Pour 2020, la croissance économique devrait se maintenir, avec des possibilités de rebond selon les zones, et les politiques menées; des banques centrales vigilantes et la conclusion d’accords commerciaux qui permettront, ou non, au commerce mondial de repartir de l’avant. Nous allons sans doute vers un monde avec des taux de croissance plus faible, mais si elle est mieux répartie et moins destructrice, devons-nous le regretter ?

La Chine et les Etats-Unis continueront, de s’affronter sur le plan technologique et économique.

Cet optimisme raisonné s’appuie aussi sur le fait que le monde avance, et pas forcément pour le pire : Ainsi la Banque Mondiale fait un point de la décennie écoulée et « se réjouit des avancées obtenues dans le monde sur de nombreux fronts. Les pays les plus pauvres sont parvenus à développer l’accès à l’électricité, à l’eau et à l’assainissement. Les taux de pauvreté et de mortalité infantile ont fortement décliné. Et la technologie a connu une telle expansion que le nombre de téléphones portables dépasse à présent celui des habitants sur Terre ». La banque mondiale souligne toutefois que « cette décennie est aussi marquée par des records dramatiques. En 2019, le nombre de personnes déplacées contre leur gré a atteint un niveau inédit dans l’histoire. La concentration de dioxyde de carbone dans l’atmosphère n’a jamais été aussi élevée, tandis que la biodiversité recule toujours plus vite ». Les années à venir seront sans doute marquées par la montée des risques climatiques : dommages liés aux intempéries, adaptations des politiques, des technologies et des populations aux changements, migrations.

Sur le plan géopolitique, il est à saluer le courage des populations de nombreux pays qui tentent de secouer le joug des « démocratures » et de la corruption des élites : Irak, Amérique Latine (Bolivie, Colombie, Equateur), Liban, Algérie, Turquie, Hong Kong. L’année 2020 sera à suivre sur ces sujets, sans compter le Brexit, les élections américaines, la passation de pouvoir en Allemagne, etc..

La grosse déception vient toutefois de l’Inde : le gouvernement de plus en plus nationaliste ne mène pas les réformes permettant de libérer l’économie et de profiter du boom démographique. La croissance et la consommation reculent bien en dessous des espoirs.

Un mot des fonds en Euro pour lesquels des propos alarmistes ont également été tenus. Si les compagnies ont globalement abaissés les performances autour de 1%, ce taux a été abondé en fonction du pourcentage d’unités de comptes détenus. Les rendements réels varient donc dans une fourchette allant de 1 à 2%, voire plus. Cela reste attractif au regard de l’inflation et des rendements des placements de trésorerie (livrets, sicav monétaires).

Dans ce contexte, les marchés financiers bénéficieraient d’une une marge en 2020 via les secteurs délaissés en 2019 (valeurs moyennes, rattrapage des valeurs « value » délaissées au profit des valeurs de croissance). Les marchés devraient rester rythmés par les annonces de résultat des entreprises et par les informations d’ordre politique.  L’abondance de liquidité et le sous investissement de nombreux acteurs pourraient limiter l’ampleur et/ou la durée des baisses, mises à profit pour permettre à ceux qui sont sous-investis de revenir.

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