En 2018, euphorie sur les marchés en début d’année, déception et correction. 2019, scénario inversé?

L’année 2018 aura donc été douloureuse sur les marchés (-12% sur l’Eurostox50, -11% sur le CAC 40) avec une correction plus forte en fin d’année. Les marchés ont en effet été sensibles aux alertes sur résultat de certaines entreprises (Apple par exemple) et à des signaux moins favorables au plan économique. Enfin, force est de constater que le locataire de la Maison Blanche provoque des soubresauts de plus en plus fréquents sur les marchés en soufflant sans arrêt le chaud et le froid (relation avec la Chine, « shutdown » d’une partie des administrations fédérales américaines, attaques contre le président de la FED).

La zone Euro a été une des déceptions importantes de l’année 2018, avec un tassement de la croissance qui s’est confirmée notamment en Allemagne et en France. Il est à noter que ce ralentissement de l’activité s’explique en partie par un problème d’offre, de manque de capacité de production et de difficulté à embaucher, notamment des travailleurs qualifiés. Pour le reste, hausse du pétrole, montée des incertitudes politiques et intégration des nouvelles normes anti-pollution en Allemagne ont nourri une forme d’attentisme et certains éléments vont perdurer en 2019 : Brexit, Italie, élections européennes, relations Chine/USA.

Malgré ses pesanteurs, la croissance reste positive sur 2018 à 1,9% et tendrait vers 1,7% en 2019.

Aux Etats-Unis, la conjoncture reste positive, cette économie a créé 312 000 emplois en Décembre. Les prévisions ressortent à 2,5% de croissance en 2019 contre 2,9 en 2018 (FMI).

En Chine, le ralentissement de l’activité a fragilisé l’ensemble de la zone Asie sur le second semestre 2018. Malgré le souhait du gouvernement d’être moins dépendant de l’extérieur, la Chine reste sensible au commerce mondial, et notamment aux exportations vers les Etats-Unis. De plus, les ménages chinois n’ont pas été un relais de croissance lorsque le gouvernement a tenté d’assainir le financement des entreprises. Le vieillissement de la population et les écarts de richesse dans le pays rendent difficile un basculement de la croissance vers un moteur plus domestique, basé sur la consommation des ménages. Enfin, 2018 aura permis de prendre conscience de la vulnérabilité des économies développées à la croissance chinoise. La Chine a été pendant de longues années le moteur de la croissance des chiffres d’affaires et des profits des grandes entreprises dans les économies développées et de nombreuses économies de la zone Asie sont très dépendantes de la Chine. Il reste que la croissance prévue pour 2019 ressort à 6,2%.

En Amérique Latine, on attend un redressement en 2019 à la faveur des changements politiques et de la lutte contre la corruption. La croissance attendue pour la zone est de 2,2%.

La croissance mondiale est donc attendue autour de 3,5% (FMI) et 3,7% (OCDE) en n’oubliant pas l’Inde : 7%.

Les conditions monétaires et financières restent globalement accommodantes, permettant des taux d’intérêt qui restent bas.

L’inflation reste autour de 1%.

Ainsi, en 2018, une certaine euphorie en début d’année a conduit à une forte correction à la baisse. En 2019, la prudence des investisseurs, dans un environnement économique qui reste porteur, peut conduire à une année positive si la croissance se maintenait et les incertitudes politiques diminuaient.

 

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