Une croissance qui se confirme bousculée par un nouveau variant?

Les indicateurs avancés des économies développées enregistraient en novembre, avant l’apparition d’un nouveau variant du Covid 19, une amélioration liée à un début de la fluidification des chaines d’approvisionnement laissant entrevoir la reprise de production dans les secteurs les plus affectés par les pénuries de composants et conséquemment l’amorce d’une détente des prix à la production. L’incursion en territoire positif des indicateurs de surprises économiques Américains et chinois témoignait de ce mieux.

Cependant, l’apparition du variant Omicron rend caduque, à court terme, les scénarios bâtis sur un retour à un fonctionnement normal des économies tant que l’incertitude demeure quant à l’efficacité des vaccins sur ce nouveau variant.

Concomitamment, les chiffres d’inflation qui demeurent à des niveaux très élevés (6.2% aux USA et 6% en Allemagne en Octobre) et conformes aux prévisions, font à nouveau l’objet de toute l’attention des marchés à l’aune de cette nouvelle donne sanitaire qui pourrait modifier la feuille de route des banques centrales.

L’apparition du variant Omicron a provoqué une envolée de la volatilité, mis un coup d’arrêt brutal à la progression des marchés actions et engendré un repli des taux d’intérêt à long terme (-11 bps aux USA et -25 bps en Allemagne) en novembre.

L’indice MSCI Monde en euro a cédé 0.33 % principalement affecté par les baisses de l’Europe (-4.33 %) et du Japon (-0.91%) alors que les indices américains emmenés par leur composante technologique clôturaient le mois en hausse (+1.17% pour le S&P et +2.27% pour le Nasdaq).

En Chine, l’indice CSI 300 terminait le mois en progression de 1.07% soutenu par les secteurs défensifs.

S’agissant des devises, la moindre contraction des taux réels aux Etats Unis et le discours plus offensif de la FED ont permis au dollar de s’adjuger 2% face à l’Euro, expliquant en partie le mouvement de reflux du pétrole qui cède 15% sur le mois.

La réunion de la FED qui doit se tenir le 15 décembre sera particulièrement intéressante. Quelle sera l’attitude de la banque centrale face à un ralentissement provoqué par un retour des restrictions sanitaires dans un contexte d’inflation élevée ? Est-il encore possible de réinjecter des liquidités supplémentaires pour soutenir la croissance au risque de faillir sur l’inflation et d’entamer la confiance des marchés quant à la valeur de la monnaie ?

Ce dilemme qu’affrontent les grands argentiers est source de volatilité, c’est à ce stade la seule certitude que nous pouvons avoir.

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