Des marchés chahutés, l'inquiétude domine. A juste titre?

Les marchés financiers sont chahutés au gré des tweets de M. Trump, dans un contexte politique qui reste incertain (relations Chine/Etats-Unis, Italie, Brexit) mais auquel s’ajoutent quelques inquiétudes sur la croissance en 2019.

Aux États-Unis, si la confiance des agents économiques américains reste à un niveau élevé, on constate une baisse des mises en chantier dans l’immobilier, une légère remontée du chômage et des goulots d’étranglement (difficulté à embaucher, capacités de production et de transport saturées) qui laissent peu de marge à une croissance supérieure. Le taux de croissance ressortirait à 2,7% en 2019 puis 2,1% en 2020. En parallèle l’inflation restant à des niveaux bas du fait de la baisse du pétrole et de la maîtrise des coûts salariaux, il semble que la Banque Centrale américaine réfléchisse à ralentir le rythme de hausse des taux prévues en 2019 par rapport aux précédentes annonces (2 hausses de taux au lieu de quatre).

En Chine, la croissance ressortirait à 6,3% en 2019 contre 6,6% en 2018. Les incertitudes causées par l’administration Trump ont clairement un effet sur la croissance chinoise. En effet, la Chine mène des réformes de fond (industrie moins polluante, énergie renouvelable, normes écologiques, diminution de la dette des entreprises, etc..) nécessitant une certaine visibilité et un environnement stable. Ces points sont assombris par la stratégie américaine qui semble viser clairement à freiner la montée en puissance chinoise.

L’Europe gagnerait dans ce contexte à se rassembler et à harmoniser ses politiques pour peser et devenir une véritable troisième zone, puissante, face aux deux blocs.

Hélas, nous en sommes loin et cela se retrouve dans les chiffres et le moral des agents économiques.

L’indice PMI composite de la zone euro pour le mois de novembre a affiché son niveau le plus faible depuis 4 ans le PIB allemand s’est contracté au 3° trimestre, essentiellement du fait des difficultés de son secteur automobile à surmonter les nouvelles normes anti-pollution.

Le gouvernement italien est empêtré dans ses contradictions et refuse de céder aux injonctions européennes sur sa politique budgétaire. De ce fait, l’activité stagne et la confiance des consommateurs italiens se dégrade.

Pour la zone, la confiance des ménages européens a baissé en novembre à son plus bas niveau depuis le printemps 2017. On constate également une légère baisse des exportations sur un an à Septembre qui s’explique non seulement par le recul des exportations allemandes d’automobiles avec le changement de normes mais surtout par un ralentissement de la demande venant des zones privilégiées de destination des exportations européennes : Chine et ses voisins asiatiques, Amérique Latine.

Plus généralement, la concurrence s’intensifie dans un contexte ou les producteurs chinois cherchent à échapper aux nouveaux droits de douane américains

Point positifs, les cours du pétrole ont reculé, l’euro s’est déprécié ces dernières semaines (essentiellement, toutefois, face au dollar) et, malgré quelques tensions en Italie, les taux d’intérêt restent bas, voire très bas dans un contexte d’inflation contenue sous la barre des 2%. Ainsi, un scénario d’effondrement de l’activité ne semble cependant pas d’actualité, l’indicateur de retournement de l’INSEE continuant d’indiquer un climat conjoncturel favorable.

Enfin, n’oublions pas que tout ceci reste dans un environnement globalement porteur, avec une croissance mondiale qui reste au-delà des 3%. Par exemple, on ne note pas, pour l’instant, de ralentissement marqué des échanges internationaux.

Dans ce contexte, nous restons prudents, nous avons la chance en France de bénéficier, via les fonds en Euro, de rendements stables qui restent, sans doute pour cette année encore  égaux à l’inflation. Notre allocation propose donc d’y placer ce dont on risque d’avoir besoin à 5 ans. Pour le reste, la croissance internationale et l’émergence de populations nombreuses (Inde, Chine, Amérique du Sud, Afrique), dont le niveau de vie doit continuer à croître, nous semble permettre de rester positifs. Malgré les soubresauts, nous investissons, la part hors fonds Euro, avec une approche résolument internationale.

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