En cette fin 2017, quid de 2018?, exercice prospectif.

En cette fin d’année 2017, le scénario global sur la croissance mondiale reste très positif.

  • L’accélération de l’activité économique dans les pays développés se confirme.
  • La faible volatilité sur les marchés financiers et le maintien de taux longs bas offrent un environnement financier favorable.
  • La conjoncture s’améliore dans un grand nombre d’économies émergents. En particulier, la Russie et le Brésil, voire l’Argentine, qui ont subi de sévères récessions, renouent avec la croissance. Celle-ci reste certes modérée, mais le rebond de l’activité devrait se confirmer l’année prochaine.
  • Le ralentissement chinois reste, pour l’heure, mesuré. Les autorités semblent parvenir à gérer les conséquences négatives à court terme des réformes profondes qu’elles mettent en oeuvre.
  • L’absence d’ajustement violent des taux de changes contribue également à stabiliser certaines économies émergentes et reste un facteur favorable à la confiance des chefs d’entreprises.
  • La faiblesse de l’inflation dans les économies développées peut inquiéter les banquiers centraux mais elle permet aux ménages de maintenir leur pouvoir d’achat alors que leurs gains salariaux sont encore peu dynamiques.

Dans ce contexte, Quid de 2018 ?

L’OCDE et le FMI insistent, sur la solidité de la croissance qui repose notamment sur sa généralisation.

Dans son discours d’ouverture des réunions annuelles du FMI, mi-octobre, Christine Lagarde soulignait que les économies en croissance représentaient 75% du PIB mondial.

Ainsi, le scénario d’une accélération supplémentaire de l’activité économique mondiale l’année prochaine repose essentiellement sur une croissance plus soutenue dans les économies en développement et émergentes.

Trois éléments justifient cet « optimisme » :

  • L’Inde, dont le PIB représente près de 12,5% de l’ensemble des économies émergentes et en développement, vient de traverser une mauvaise passe provoquée par deux décisions de politique économique dont les effets négatifs à court terme se sont avérés plus importants qu’attendus. D’abord, fin 2016, les billets de banques de montant nominal élevé ont été brutalement démonétisés. Ensuite, la mise en place d’une nouvelle taxe sur les ventes a eu un impact très négatif sur l’activité, l’investissement des entreprises étant aussi touché que la consommation des ménages. Ces éléments perdant de leur nocivité, l’économie indienne devrait renouer avec une croissance plus forte, sans doute supérieure à 7,0% l’année prochaine, après + 6,4% attendu cette année.
  • La confirmation de la sortie de récession de l’économie brésilienne devrait être suivie d’une accélération supplémentaire de l’activité. Même si la croissance pourrait se tasser légèrement au Mexique, l’activité devrait globalement se montrer plus dynamique dans l’ensemble de l’Amérique Latine, notamment avec une croissance plus forte en Colombie, au Chili et au Pérou.
  • La zone Afrique/Moyen Orient devrait aussi bénéficier d’une amélioration de la situation économique. Le point le plus marquant est que les producteurs de pétrole ont subi une grave crise en 2015-2016 en raison de la chute des cours du pétrole amorcée mi-2014. Mais ils commencent à relever la tête, notamment grâce à la stabilisation des prix de l’or noir très au-dessus de ses plus bas de début 2016.

Toutes choses égales par ailleurs, le scénario d’une accélération de l’activité économique mondiale l’année prochaine semble donc solide. Néanmoins, il convient de prendre en considération les  forces antagonistes :

  • La faiblesse persistante de l’inflation, si elle permet un maintien du pouvoir d’achat, n’en demeure pas moins un « mystère » aux dires de Janet Yellen. Cette faiblesse constitue aussi une menace, alors que l’absence de pricing power des entreprises dans un contexte de quasi saturation des capacités de production est l’une des faiblesses importantes de l’économie mondiale. Le risque d’une sortie « par le bas » est d’autant plus important que le problème le mieux partagé aujourd’hui dans l’économie mondiale, au moins si l’on en croît les résultats des enquêtes IFO, est le manque de main d’œuvre qualifiée. Il faudra surveiller l’évolution des coûts salariaux en 2018.
  • Résultat de la lutte contre les stigmates de la crise les liquidités sont abondantes et le maintien de taux bas pousse à emprunter. Le stock global de dettes a donc augmenté, parfois considérablement, depuis la crise. L’alerte lancée par le FMI dans sa dernière publication sur la stabilité financière, n’est que la dernière en date d’un ensemble de mises en garde. Une partie des inquiétudes se concentrent sur la Chine, où la dette, notamment des entreprises, a rapidement augmenté ces dernières années.
  • Dans la lignée du point précédent, se pose la question de l’existence de bulles sur certains marchés, au moment où les grandes banques centrales parlent de plus en plus de « normaliser » leur politique monétaire, ou au moins de cesser d’augmenter le caractère accommodant de leur politique. La valorisation de Wall Street reste ainsi un débat sans fin.
  • Faiblesse de la volatilité. La masse de liquidités maintient les taux bas et une faible volatilité, cocktail très favorable à la hausse de la valorisation des actifs risqués. Mais doit-on se réjouir de l’absence de perception des risques par des investisseurs qui semblent anesthésiés et qui augmentent cette prise de risque pour améliorer les rendements? … Clairement, en cas de « choc », la réaction des marchés pourrait être violente. La faible volatilité sur les marchés est à la fois leur principal soutien à court terme, mais surement leur principale faiblesse pour l’avenir…
  • Enfin les risques géopolitiques n’ont pas disparu.

Confiance donc, mais en restant vigilant et les pieds sur terre; tous nos vœux pour 2018.

 

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