Les marchés caracolent... avec Œillères?

Selon le FMI, un an après le début de la pandémie, les perspectives mondiales restent très incertaines. Les nouvelles mutations du virus et le bilan humain qui ne cesse de s’alourdir suscitent des inquiétudes, même si la progression des campagnes de vaccination accroît le sentiment de confiance.

L’OMS pointe toutefois les soucis d’approvisionnement et les fortes inégalités (conférence du 9 Avril : une personne sur quatre a reçu une dose de vaccination dans les pays à revenus élevés contre une sur 500 ailleurs). Le Brésil inquiète particulièrement de même que l’Inde qui fait face à une nouvelle vague de contamination.

Pour le FMI, la croissance mondiale devrait s’établir à 6 % en 2021, puis ralentir à 4,4 % en 2022. Les projections pour 2021 et 2022 sont plus favorables que dans l’édition d’octobre 2020. La révision à la hausse s’explique par la prise de nouvelles mesures de soutien budgétaire dans quelques grands pays (Etats-Unis particulièrement), par des anticipations de reprise tirée par la vaccination au second semestre de 2021 et par l’adaptation continue de l’activité économique à une mobilité réduite. Ces perspectives restent très incertaines, notamment en ce qui concerne l’évolution de la pandémie, l’efficacité des mesures prises par les autorités pour assurer un retour à la normale grâce à la vaccination, et l’évolution des conditions financières.

Malgré tout, l’environnement économique au mois de mars poursuit sa phase de convalescence. L’économie américaine dopée aux plans de relance budgétaire a emboité le pas à l’économie chinoise qui a effacé le plongeon de 2020. Seule l’Europe, encore globalement confinée, et les pays émergents pénalisés par la hausse du dollar, peinent à retrouver leurs dynamiques. Les indicateurs avancés, à l’instar de l’ISM aux USA et des PMI en Europe s’inscrivent en forte hausse à respectivement 64,7 et 53,2 et laissent entrevoir l’émergence d’une reprise de l’inflation (+2,6% aux USA et 1,3% en zone Euro en mars) liée en partie à des contraintes de production dans certains secteurs manufacturiers.

Les marchés ne semblent pas prendre en compte les incertitudes et se focalisent plutôt sur les bonnes nouvelles, monétaires, budgétaires ou macroéconomiques, qui ont rythmé le mois de mars, tirant les marchés globaux vers de nouveaux plus hauts historiques. Ils ont en effet poursuivi leur mouvement ascendant, l’indice MSCI Monde s’adjugeant 5,33% sur le mois en Euro (+2,46% en dollars), emmené par la zone Euro (+7,78%) et les Etats Unis (+7,17%). Seule ombre au tableau les valeurs chinoises qui reculent de 3,93% sur la période.

La débâcle du Family office Archegos Capital emporté par des positions en levier, qui n’est pas sans rappeler celle du fonds LTCM en 1998, a laissé les marchés de marbre.

Sur le plan sectoriel les performances sont disparates. Les secteurs des biens de consommation non durables (+9,2%) et de la banque (+8%) affichent les meilleures performances au niveau mondial tandis que le secteur technologique sous performe (+3,5%).

Les marchés obligataires ont, quant à eux, réagi en ordre dispersé, les taux à 10 ans américains progressant de 34 points de base à 1,74% alors que leurs équivalents européens restaient stables à -0,29% actant du décalage dans le cycle entre les deux zones.

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