Des marchés nerveux

Les premiers éléments disponibles pour l’année 2018 montrent que les perspectives de croissance restent globalement bien orientées. Les résultats du premier trimestre de l’enquête IfO Monde pointent toujours une accélération de l’activité.

Sauf en Chine, les perspectives d’activité à six mois se sont nettement redressées partout ces derniers trimestres. Cette dynamique s’observe dans les pays à hauts revenus comme dans les plus pauvres, en passant par les économies à revenus intermédiaires (malgré le poids de la Chine dans ce groupe).

Une nouvelle augmentation de la croissance mondiale pourrait provenir des économies émergentes (qui ont bénéficié de la demande des économies développées ces derniers mois), ce qui entretiendra la demande de matières premières

Néanmoins, une croissance mondiale plus soutenue signifie une augmentation de la demande adressée aux entreprises et, potentiellement, une amélioration de leurs capacités à augmenter leurs prix de vente. D’autant que les capacités disponibles de production semblent diminuer rapidement partout. Certes, les perspectives d’investissement se redressent. Mais le mouvement est très concentré dans les économies développées, à hauts revenus. Par ailleurs, les perspectives d’investissement se heurtent à des difficultés de recrutement de main d’oeuvre qualifiée.

Tout ceci alimente les craintes quant à un retour de l’inflation plus brutal qu’escompté.

Sur les marchés, la volatilité est donc de retour car, ils restent très focalisés sur le risque inflationniste et sur ses éventuelles conséquences sur les politiques monétaires dans les économies développées. De fait, l’incertitude sur la croissance mondiale est faible avec des signaux positifs visibles dans la plupart des pays du monde. Les résultats des enquêtes PMI de février restent d’ailleurs au-dessus de leur moyenne de long terme.

Cette nervosité est renforcée par les Tweets du président américain et sa communication protectionniste allant jusqu’à évoquer la possibilité d’une « guerre commerciale ».

Les marchés actions restent donc fragiles même si les indicateurs sont au vert.

 

Pour les taux, la tendance à la hausse des taux d’intérêt à long terme devrait donc se poursuivre ces prochains mois, des deux côtés de l’Atlantique. L’écart entre les taux à 10 ans américain et allemand pourrait diminuer du fait d’un redressement des anticipations d’inflation en zone euro et du redressement du dollar face à l’euro.

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