Europe, environnement favorable aux actifs européens. Marché américain au plus haut. Quels risques dans ce contexte?

La récente levée du risque politique accompagnée par une reprise de la croissance en zone euro a créé un environnement favorable aux actifs européens. Le marché américain est au plus haut et commence à être cher. Il ne faudra pas négliger les risques évoqués plus loin.

Conjoncture

Etats-Unis :

La croissance au premier trimestre été révisée à la hausse à 1,2 % l’an, les anticipations de prochaine hausse des taux directeurs de la Banque Fédérale Américaine sont donc confortées par ces annonces.

Zone Euro :

Les enquêtes confirment la très bonne tenue du climat des affaires. Il en va de même dans le secteur de la construction, celui des activités de services ou encore du commerce de détail. Signalons encore que l’orientation positive de l’activité s’opère sans recours majeur à l’endettement : l’encours des crédits au secteur privé résident en zone euro progresse à peine en termes réels (0,3 % sur un an et 0,6 % l’an sur trois mois).

En France, la croissance a été révisée à la hausse à 1,8 % l’an au premier trimestre contre 1 % l’an en première estimation. Elle se rapproche ainsi de la croissance européenne (2 % l’an au premier trimestre).

 

Chine :

L’agence Moody’s a dégradé la note souveraine chinoise d’un cran arguant de ses doutes sur la solidité financière de l’économie en raison du poids majeur et toujours croissant de la dette et du ralentissement de son potentiel de croissance. Le yuan n’a pas réagi à cette annonce. Il s’est même un peu ré-apprécié contre le dollar.

 

Pays émergents :

La conjoncture des économies émergentes s’est éclaircie et les trois principales zones ont désormais renoué avec la croissance tandis que leur résilience face aux chocs externes s’est renforcée. En Asie émergente, la reprise se consolide. La croissance réaccélère dans tous les pays de l’Europe émergente. Elle est plus hésitante en Amérique latine, même si la situation macroéconomique s’améliore.

 

Matières premières :

L’OPEP et certains producteurs non-OPEP comme la Russie ont progressé dans ses négociations en vue de nouveaux efforts de réduction de la production de pétrole. L’accord de contingentement de la production noué en novembre dernier arrive à échéance à la fin du mois de juin. Il serait prolongé de neuf mois. Les réductions de production qui seraient mises en œuvre par les participants à l’accord n’ont pas été précisées. Les marchés ont peu réagi à cette nouvelle.

Plus généralement, la baisse des cours des matières premières hors énergie et métaux précieux se poursuit surtout du fait des produits alimentaires et en particulier du sucre et du café.

 

Risques

Dans le contexte plutôt globalement favorable décrit ci-dessus, nous recensons 4 risques principaux, classés du plus important au moins important en termes d’impact sur les marchés :

Politiques et géopolitiques

Si le risque politique en Europe est en recul du fait du résultat des élections en France, il reste les élections à venir en Allemagne, en Italie si des élections anticipées sont décidées, les négociations autour du Brexit.

Plus largement : Moyen Orient, Corée du Nord, mère de Chine, l’obscure clarté de la stratégie américaine,

Déception sur la Croissance

L’optimisme actuel se reflète dans des marchés actions qui commencent à être cher, surtout aux USA. Des enquêtes de conjonctures moins favorables ou des anticipations contredites par les faits auraient donc sans doute un effet correcteur immédiat. Les pays émergents, surtout en Amérique du Sud restent fragiles et sont très sensibles à l’évolution des taux américains.

Evolution des taux dans le cadre de normalisation des politiques accommodantes des banques centrales

Cette normalisation commence par les Etats-Unis. Traditionnellement, cela constitue un environnement baissier pour les marchés obligataires, les actions et conduit à une hausse du Dollar. Pour l’heure, la prudence des autorités et la conjoncture économique de bonne tenue équilibrent cette normalisation et les marchés réagissent peu.

Dégradation des marges des entreprises :

Aux Etats-Unis, certaines entreprises subissent une hausse de leurs coûts de production qui ne sont pas répercutés sur les prix notamment parce que les salaires et partant le pouvoir d’achat des ménages de la classe moyenne n’augmentent pas. Les marges des entreprises risquent donc de se réduire et l’investissement d’en pâtir. Le risque de déception est donc bien présent dans plusieurs secteurs économiques.

 

En résumé, dans un contexte plutôt favorable mais de croissance globalement autour de 2%, les marchés actions ont déjà enregistré de belles performances. Il faut donc éviter de se précipiter et profiter d’un retour de la volatilité pour investir.

(Source COE-REXECODE, Aurel)

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