Décembre 2016 a permis un rebond des marchés financiers, à rebours de nombres d’anticipations. Les marchés ont été soutenus par les annonces touchant les investissements d’infrastructure aux Etats-Unis ainsi que par la hausse du pétrole et l’accord de limitation de la production des pays de l’OPEP. De fait, les perspectives de croissance de l’activité économique mondiale se sont légèrement améliorées, notamment grâce à un environnement plus favorable pour les économies émergentes qui profitent de la hausse des cours des matières premières par rapport aux points bas atteints début 2016 et de la stabilisation de leur taux de change.

Dans ces pays, la tendance à l’augmentation d’une « classe moyenne », susceptible d’accéder à une consommation de masse reprend. Mais ce mouvement est fragile, (selon les récentes statistiques brésiliennes, la reprise de l’activité sera, pour le moins, modérée).

La croissance mondiale dépend en effet de plusieurs facteurs :

  • L’évolution des cours des matières premières et du respect de l’accord auquel sont parvenus les membres de l’OPEP, rejoints par onze producteurs tiers.
  • La poursuite de la réussite des autorités chinoise dans la stabilisation de la croissance de l’activité sur un rythme proche de 6,5%, dans un contexte où les mesures de relance conduisent à une forte croissance de l’endettement des agents économiques (et plus particulièrement des entreprises) et à l’amorce d’une bulle sur le marché immobilier.
  • L’espoir d’une croissance plus soutenue aux Etats-Unis et maintenue en zone euro
  • Une « reflation » maîtrisée.

Ainsi, avec les sorties de récession russe et brésilienne et un sursaut américain après une année 2016 médiocre, la croissance mondiale devrait être plus forte en 2017 mais sans accélérer en 2018. Toutefois les inconnues restent nombreuses, notamment sur l’application du programme Trump.

Cette accélération espérée en 2017 reste toutefois limitée par des faiblesses structurelles, liées en particulier au ralentissement tendanciel de la productivité (notamment aux Etats-Unis et dans la zone euro), mais aussi à un commerce mondial structurellement moins dynamique que dans le passé récent.

En Europe, la résilience de la conjoncture en zone euro a reposé ces derniers trimestres sur la demande domestique, et plus particulièrement sur la consommation des ménages, mais aussi sur un léger assouplissement des politiques budgétaires.
Dans un contexte international plus porteur, la conjoncture économique ne devrait pas se dégrader cette année. Il est, toutefois, difficile d’envisager que l’activité accélère sensiblement, en raison à la fois de faiblesses structurelles et de risques qui pèsent à court terme. Si les gouvernements ne profitent pas de la conjoncture globalement porteuse pour prendre des mesures susceptibles de provoquer une accélération de la productivité, la croissance est appelée à rester faible et les blocages sur le marché du travail ne pourront pas être dépassés.

Autre risque sur les perspectives économiques de la zone euro en 2017, l’état des banques, en particulier italienne et, dans certains cas, allemandes. Les établissements italiens englués dans leurs problèmes de créances douteuses et de sous-capitalisation cherchent, avec l’aide des autorités, à se consolider. Des levées de fonds ont, ainsi, été lancée ou vont l’être très prochainement. Mais la menace d’un accident, qui pourrait passer par la perte de confiance des déposants s’ils craignent d’être mis à contribution, plane toujours. En Allemagne, aussi, même si l’urgence est moins prégnante, des décisions devront être prises prochainement.

Enfin, le risque politique se nourrira ces prochains mois à de multiples sources, avec des élections prévues aux Pays-Bas, en France et en Allemagne.
Il ne faut pas oublier, bien sûr, le déclenchement du Brexit, avec l’invocation par le gouvernement britannique de l’article 50 du Traité de l’Union Européenne, en principe avant le 31 mars 2017.

Au total, il est peu probable que l’activité économique accélère significativement cette année dans la zone euro, mais les conditions globales (environnement extérieur, conditions monétaires et financières) ne plaident pas pour un ralentissement.
Ainsi, s’il faut rester optimiste pour 2017 ; comme le résume Christine Lagarde : « la croissance est trop faible, depuis trop longtemps, et bénéficie à un trop petit nombre. Les conséquences sociales et politiques de cette tendance deviennent par trop évidentes. Dans de trop nombreux pays, les inégalités économiques demeurent trop marquées. En matière de conflits et de migrations, le bilan est terrible. Le commerce est devenu un sujet de controverse politique. Et les partisans de l’intégration (et de la coopération) économique sont sur la défensive. »
En 2017 encore, la balle est dans le camp des politiques.

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